La Chronique Chartreuse - 4ème et dernier jour

Publié le par jub

La veille au soir, la tenante du gite m'avait conseillé d'emprunter un itineraire alternatif, plus joli et agréable que celui que j'avais initialement choisi.

Dans la mesure où la journée s'annonce tranquille après 3 jours physiquement difficiles, je l'ai remercié pour ce bon conseil.

Mais personne ne m'avait prévenu que sur cette crête qui relie le col des Fontanettes à la pointe de la Gorgeat, quand le vent se levait, il était effrayant. Surtout pour une personne désespérément seule la haut.

Vous savez, ce souffle sifflant du vent contre la pierre, qui glace le sang quand il atteint les tympans.

A ce moment là, la pluie ayant aussi décidé de se joindre à cette fête climatique un peu macabre, je ne pense à rien de plus qu'à faire un pas, puis un autre, puis un autre...

Mais ce n'eût été qu'un mauvais moment à passer si le chemin avait été régulier.

S'il est devenu aussi flippant, c'est parce-que le chemin était accidenté, escarpé, glissant, enchainements de montées et de descentes abruptes.

Si bien qu'à quelques reprises, sans avoir peur, j'avais conscience d'avoir de la chance d'avancer sans me retrouver au fond du vide qui me narguait.

Enfin arrivé à la pointe de la Gorgeat, si j'étais heureux d'avoir survécu à cette dernière difficulté, mon esprit avait enfin tiré toutes les leçons de ces dernières journées.

Les 1200m de denivelé à descendre jusqu'à Chambery ne s'annonçaient pas difficiles, mais il me fallait rester concentré jusqu'au bout.

Le plus dur fut finalement de trouver le chemin de la gare TGV d'où j'allais rejoindre en quelques heures seulement mon nid parisien douillet.

9 mois plus tard, alors que j'écris paisiblement cette histoire, quelques larmes me viennent presque en pensant à mon arrivee à Chambery.

Je l'avais fait.

Je n'avais pas besoin de le raconter à la terre entière.

Moi seul savait ce que cela représentait.

J'étais allé au bout de moi, de mes idées, et même un peu plus loin.

Et ça, c'est une sensation exquise!

The end

 

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