Cali

Publié le par jub

Le premier album de Cali, L'Amour Parfait, est un monument. Le disque pop parfait. Rien à enlever, rien à rajouter. A titre personnel, il est intimement lié a cette année 2004.

Le deuxième, Menteur, comporte encore quelque jolies chanson pop, mais déjà quelques longueurs.

Le troisième, L'Espoir, est au mieux de la même teneur. Et pour tout dire, je n'ai dû lui donner sa chance sur mes oreilles que 2 ou 3 fois.

Mais si j'allais voir Cali ce soir, ce n'était pas dans le souvenir nostagique de son premier album, mais plutôt dans celui de l'énergie de ces concerts passés.

4ème concert de Cali en 4 ans... Je crois qu'il va falloir que je fasse un break de quelques tournées désormais...

Oh n'en deduisez pas que c'était mauvais, ennuyeux ou tout autre adjectif à connotation négative. C'était juste totalement... Cali.

L'impression de revoir une pièce pour la quatrième fois. On redécouvre toujours certains passages avec plaisir, mais cela reste toujours un peu pareil.

Il serait du coup aisé pour moi de jouer, dans ce billet, le parigot blasé de concert, et de me cogner du Cali, mode Resse.

Mais jamais. Cet homme ne le mérite pas. Son intégrité, parfois jusqu'au-boutiste certes, ne le mérite pas.

Ce mec est le seul artiste qui, systématiquement, n'arrive pas à quitter la scène. Il s'est défoncé physiquement, a couru, bondi, slamé, fait tout le tour du Zenith, a dû perdre 25kg de flotte dans la soirée. Mais à la fin, il a toujours une pêche telle, que c'est presque nous qui devons partir en premier: Heu, désolé, on bosse demain... On voudrait pas louper le dernier métro...

Alors Oui, dans presque 3h de show, il y a des longueurs. Oui, il y a une grosse heure en trop. Mais il ne saura sans doute jamais faire plus court de toute façon. Il aime trop ca. Cali, c'est ce type qui en a tellement chié pendant 15 ans pour y arriver, que même si ca tourne bien depuis 5 ans, il suce chacune de ces minutes exquises jusqu'a la moelle...

Pour les détails...

Une entrée à la Cali, en puissance et énergie, avec 1000 coeurs debout, me laisse espérer un concert mémorable. Le Zénith frémit et sautille. Les morceaux s'enchainent jusqu'à un Elle m'a dit, sauce Green Day, pas piqué des hannetons. Bonne première demie-heure... Et arrive l'heure de trop. Toujours la même énergie, mais c'est trop répétitif, vindicatif ou politisé (2 petits No passaran au passage. Mais Sarko cité une seule fois, je suis déçu...). Cali, bordel, tu es un chanteur de Rock, pas l'adjoint de Besancenot!

Il faut attendre le premier rappel après 1h30 de show pour vraiment relancer la machine.

Un puissant et poignant Le droit des pères, qui précède une énormissime reprise de I wanna be your dog des Stooges, avec une certaine Isias (?) en guest. Absolument Enorme!

La machine est relancée... mais à nouveau quelques longueurs. Tout le monde attend la rengaine de C'est quand le bonheur pour conclure. Elle finit par arriver au bout de 2h30. Du classique. Cali descend dans le public, et chante en montant et redescendant chaque gradin du Zenith. Sa réponse au titre du morceau est "CE SOIR! CE SOIR!", comme à chaque concert...

Bon, voilà, ça c'est fait. Allez, on dit merci, au revoir, et on y va....

Et bien non, car alors que le public est repu depuis bien longtemps, commence à reculer doucement vers la sortie, Cali nous balance une bombe. Un incroyable bouquet final. Un moment qui vaut d'avoir supporté toutes les longueurs des 2 heures précédentes: Une adaptation clubbing, sauce Chemical, de son Dolorosa, mélangé avec des miettes de Love to love you baby de Donna Summer. A nouveau, seul l'adjectif "Enorme!" me vient en tête... Mardi soir, il est 23h30, et Cali parvient a faire sauter le Zenith comme un dance floor.

Cali l'italien en concert, ce serait en fait une squadra azzura qui ne truque pas. Des longueurs dans le jeu, mais des instants de génie qui font qu'à la fin, souvent il gagne. Mais pourquoi faut-il toujours qu'il attende la fin des prolongations ?

Alors, rien que pour ce I wanna be your dog survolté et ce Dolorosa déjanté, finalement peut-être irais-je à nouveau le voir à la prochaine tournée...

Cali - 1000 coeurs debout - Zénith de Paris - 15 Avril 2008

"...est-ce que tu sens l’odeur délicieuse de la liberté"

 


Publié dans Music

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article